MUSEO ROCSEN

Nous passerons dans les environs de San Luis, région qui nous enchantera. Des petits villages pittoresques et calmes, des rivières aux eaux cristallines, une nature préservée qui nous fait un bien fou.

Un petit arrêt à Nono (ça ne s’invente pas) pour visiter le museo Rocsen. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, si ce n’est à un joyeux fatras créé par un français, Juan Santiago Bouchon ! Dès que l’on arrive devant le bâtiment, la couleur est annoncée : des dizaines de statues commémorent des philosophes, des humanistes, des artistes, des scientifiques ainsi que des pacifistes de tous horizons. Comme l’exprime si bien son fondateur “Je refuse la moindre petite armée, aucun César, aucun Napoléon, aucun sang coulé : le moins d’ombre possible, mais le plus de lumière possible. Je veux seulement laisser à ma manière un message de paix. Je ne crois qu’en l’amour, la paix et la culture pour solutionner les problèmes entre les être humains”. Le ton est donné. Et elles se dressent face à nous, ces 49 statues entre autres Martin Luther King, Mère Theresa, Druide galois, Africanus, Pythagore, Confucius, Platon, Diogène, Jésus Christ, St François d’Assises, Gutenberg, Descartes, JS Bach, Edison, Marie Curie, Ghandi…

On entre, et même nos lutins qui parfois tirent du nez à l’idée de faire un “enième” musée, y trouvent leur compte. Des vitrines, des sujets aussi divers que variés, on se promène, on regarde ce que l’on veut. De la momie péruvienne, aux minéraux de toutes origines, des fossiles, des centaines de papillons, des urnes funéraires, des objets de la vie quotidienne (couverts, vêtements, bijoux, jouets) d’origine française ou d’Amérique du sud, des instruments de musique, et même un atelier de mécanique.

Je me posais la question de savoir comment venait un tel désir de collecter autant d’objets, du plus rare au plus usuel, quelle passion dans une vie ! Et c’est au détour d’une vitrine que nous trouverons la réponse, en faisant la connaissance de Monsieur Bouchon, 85 ans, qui vient saluer quasiment tous les visiteurs de son musée. Il parle de son oeuvre avec passion (comment ne pas l’être) et de son origine. Tout petit, il aimait collectionner, mettre ensemble des objets qui semblaient ne pas avoir de lien. Et ce qui a tout fait basculer, c’est sa découverte, à 8 ans, enfoui dans un amphithéatre de Nice d’un petit soldat de terre cuite, datant de l’Antiquité… Ce rêve de musée est né de cet instant et ne l’a pas quitté. Arrivé en 1950 en Argentine, il y a trouvé un terrain propice pour ses recherches sur l’arquéologie, l’anthropologie, la paléontologie, l’ethnologie (et je pense toutes les sciences en “logie”). Nous voyons le résultat : prises séparément ces collections apporteraient peu… mises bout à bout elles forment une vie, une vision d’ensemble de notre humanité.

Mais impossible de faire un inventaire  à la Prévert, il faut aller le voir.

Alors bien sûr, ce monsieur Bouchon est un “original” comme on les aime, mais nous avons pû échanger avec lui notamment sur ses opinions et je crois que la salle dont il est le plus “fier” est celle de la guerre de 39-40 durant laquelle il dû aller se battre. Les mots laissés au devant des armes à baïonnètes sont poignants et on ressent tout son combat pour la paix. On peut prendre ce musée au premier degré et se dire qu’il ne vaut pas “tripette” ou essayer de comprendre la passion d’une vie, et dans ce cas-là l’émotion est au rendez-vous.

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Une réponse à MUSEO ROCSEN

  1. Papy Daniel - Mamy Annie dit :

    Que j’aime ce collectionneur. C’est un plaisir, un bonheur de retrouver tout, enfin presque , le fil de la vie, l’évolution , le modernisation, la mécanisation, l’amélioration des objets pour le bien-être. Hétéroclite peut-être, mais qu’est-ce qu’on peut apprendre.
    En ce temps d’examen, mention TB. J’ai vraiment apprécié .

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