URUGUAY un parfum de retour

Nous traversons la frontière le plus simplement du monde depuis le début du voyage. Même local où se trouvent les douaniers argentins et uruguayens. Et au bout d’une demi-heure, nous découvrons l’Uruguay (petite pensée pour Jean-Charles et ton pays de coeur). Et là on se dit qu’on a du faire avance rapide dans le film du voyage et que nous sommes déjà en France.

Ici point “d’exotisme” des patûrages et champs à perte de vue, du vert, du vert et encore du vert. Des jardins entretenus et tirés quasi au cordeau, des maisons pimpantes et colorées. On sent que les Uruguayens aiment les choses nettes, propres et carrées. Et là première surprise : nous qui pensions les argentins accros au maté, ce sont des petits joueurs face aux uruguyaens. Difficile de trouver une personne n’ayant pas son maté à la main et son thermos sous le bras, l’hallu totale.

Nous ferons un premier arrêt à Nueva Palmira en bord du Rio de la Plata pour un coucher de soleil enchanteur. Merlin spectateur du buquebus (ferry reliant Buenos Aires et l’Uruguay). Ensuite ce sera Colonia del Sacramento et un grand coup de coeur. Le barrio viejo est absolument superbe et un délice pour la rêverie et la flânerie. Les enfants ne résisteront pas de nouveau au jeu du carton (à savoir que si des cartons se trouvent en bas d’une pente herbeuse, c’est voulu !) et c’était parti pour des glissades qu’ils auraient souhaité sans fin. Bétina et moi, en bonne accro d’artisanat que nous sommes, nous avons traîné les garçons dans les ruelles et on avoue, on a craqué sur deux/trois choses (dont la bufa de Bétina). Ouille, c’est le porte-monnaie qui fait la tête.

Ensuite ce sera San Jose de Mayo et sa cathédrale et ce qui intéressera le plus les enfants, les délicieux churros fabriqués sur le trottoir (bon à chacun ses références, que voulez-vous…). Nils est venu près de nous à un moment pour nous dire que la cathédrale lui filait un peu les chocottes. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu “parce qu’il y a les boîtes pour dire quand on fait des bêtises” (autrement dit un confessional) et qu’il devait y avoir beaucoup de personnes qui avaient fait beaucoup de bêtises (effectivement il y avait 4 confessionaux, ceci explique sans doute cela…).

Petite halte des plus agréables à Kiyu. Le Balneario est fermé mais le gardien du bar/épicerie/salle de jeux (qui est fermé car hors saison) nous autorisera à stationner, et même à nous brancher sur un robinet d’eau. Nous y resterons deux jours, les enfants mettant, comme d’habitude, beaucoup d’application à transvaser tout le sable de la plage dans Bernardo… Le propriétaire du  bar de la plage, viendra discuter avec nous, et avec une gentillesse incroyable, il nous ouvrira le lieu : en route pour les parties de baby foot endiabliées avec ses deux enfants, sans oublier les machines électroniques et le flipper, le pays des enfants je vous le dis ! Il fallait bien les quitter, donc après un partage de maté, nous les quittons en les remerciant chaleureusement de leur hospitalité ( les uruguayens ne vont tout de même pas battre les argentins niveau hospitalité !)

Ensuite nous avons pris la direction de Montevideo qui ne nous montrera pas ses charmes. Diffile de garer le camping-car, le bivouac du phare n’est pas exceptionnel. Après avoir pris contact avec la compagnie maritime, nous apprenons que nous devrons attendre encore quelques jours avant l’embarquement. Nous prendrons nos quartiers à Maldonado, en bord de plage, dans un quartier très huppé. La vie s’écoulera entre les dernières courses, les recherches internet pour se tenir au courant du départ, et la rencontre avec Lucas, Paul et leur papa. Ils sont français par leur maman et uruguayen par leur papa. Nous les rencontrerons deux jours de suite, les enfants étant ravis d’échanger en français.

Notre dernier bivouac sera sur le parking d’un Géant (on se croirait presque rentrés à la maison dites donc). On vide le frigo, on prépare les baggages et on se nourrit de repas mc do et plats à emporter en attendant une date définitive d’embarquement. C’est un peu un temps entre deux eaux : nous sommes pas encore partis mais nous ne sommes déjà plus ici… Nils en coursant son frère dans des jeux du Mc Do tombera juste de sa hauteur. Le jour de notre embarquement, alors que nous sommes sur les dents avec les derniers préparatifs, nous devrons faire un tour aux urgences de Montevidéo pour vérification car sa douleur perdure. Bonne idée : il a un fracture du cubitus et nous repartons avec un Nilsounet plâtré, yehhhh.

 

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Welcome home

Bonjour à tous

Depuis le 7 août, après deux ans, trois mois et 1 jour nous avons rejoint nos familles et amis, qu’il est bon de retrouver tous ceux qui sont dans nos coeurs ! Voilà la raison de notre silence : les journées sont remplies de bavardage, de calins, de visites aussi chez le médecin (Nils devait se faire enlever son plâtre, mais suite à une chute sûrement sur le bâteau, autre fracture donc autre plâtre… mais il peut se baigner, c’est l’essentiel).

Le voyage en bâteau est inoubliable, une aventure humaine à part entière. Pour l’instant, comme je l’ai déjà dit à certains, nous sommes complètement à côté de nos baskets (enfin de nos tongs soyons honnêtes) il va nous falloir un peu de temps pour redécoder la France et retrouver une identité administrative lol.

Les enfants sont au nirvana : Merlin a commencé sa cabane dans l’ain chez ses grand-parents et Bétina et Nils sont les cueilleurs en chef du jardin, sans compter la préparation des confitures avec Papi. Dans le Rhône chez les autre grand-parents c’est piscine et vélo à gogo.

Dès que nous avons un peu de temps, nous ne manquerons pas de mettre les articles sur l’Uruguay et sur la traversée.

A bientôt.

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EMBARQUEMENT !

Enfin nous embarquons ce samedi 13 juillet de Montevideo pour une traversée de plus de trois semaines, direction la France ! Nous mettrons à jour le blog sur l’Uruguay seulement à notre retour…. soyez patients.

Cerise sur le gâteau, nous avons, malgré des préparatifs speed, fait un tour aux urgences de Montevideo : Nils a trébuché il y a trois jours et est tombé d’à peine sa hauteur. Ce matin, il s’en plaignait encore… pas normal… Bilan avant bras fracturé et un joli plâtre pour notre luciole (une première chez les DESREV). Notre lutin fêtera donc ses 5 ans le 31 juillet au milieu de l’atlantique, MAIS le bras en écharpe… on ne peut pas tout avoir…

Pour l’instant, aucun d’entre nous ne réalise vraiment que nous quittons ce continent que nous avons sillonné depuis deux ans et deux mois… et qui nous a apporté tant de joie…

A bientôt.

PS : espérons qu’en représaille du match de foot gagné par la France, la douane uruguayenne ne nous sucre pas le bateau lol.

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INOUBLIABLE ARGENTINE

Je crois qu’il me serait impossible de quitter l’Argentine sans transmettre nos ressentis sur ce pays. Parfois, certains lecteurs ont pû s’offusquer de mes réflexions sur le coût de la vie argentine, pensant que ce n’était que  le résultat d’une radinerie ou d’une râlerie franchouillarde.

Pas du tout : c’est un constat de plus en plus confirmé, l’Argentine et surtout les Argentins sont pénalisés par les choix de leur classe politique et l’incidence de leur économie à la dérive ces dernières années. La ligne de conduite présidentielle est la fermeture progressive des frontières : les importations sont freinées (on ne compte plus les entrepreneurs qui nous disent prévoir une réception de marchandises provenant de l’étranger, à date de la commande, dans 1 mois, 3 mois ou jamais…) et que dire des relations commerciales maritimes avec des compagnies britaniques, qui sont purement et simplement suspendues (ils vont encore se chipoter combien de temps pour les îles Malouines ?) les touristes étrangers voient le prix des prestations s’envoler- à se demander s’ils sont toujours souhaités ici- . Les argentins, ont vécu, comme nous européens au moment du passage à l’euro, une augmentation démentielle des prix de produits de consommation de base . Certains argentins nous ont confié que les fins de mois étaient de plus en plus dures, même avec deux emplois dans le couple. Il est bien beau le discours électoral visant à vouloir fermer les frontières pour protéger et production et commerce nationaux … ici nous constatons l’effet pervers : les familles moyennes souffrent de l’augmentation des prix de l’alimentation et des combustibles, les loyers deviennent inabordables avec une faille qui se creuse entre les plus riches et les plus pauvres. En voyant les argentins se ruer  à la frontière pour profiter des zones franches au Chili, alors qu’à deux pas de chez eux, des industriels argentins produisent le même article, mais à un tarif inabordable, on se dit que la solution n’est pas là…

Lucas nous parlait justement de son impossibilité à acheter un logement : lui qui a pourtant un bon salaire, ne peut que louer (déjà à un prix exhorbitant). Les prêts à l’achat immobilier ne sont qu’à taux variables, impensable compte-tenu de l’instabilité économique de l’Argentine.

Même une devise peut devenir une denrée rare, le dollar en est la preuve ici : il est “impossible” d’en trouver. Nous savions que nous pouvions échanger des devises américaines à prix fort sur un marché parallèle. Plus besoin d’aller aussi loin, des expatriés ou des argentins voulant voyager n’ont plus que cette possibilité pour s’en procurer et le proposent ouvertement. De plus des achats conséquents peuvent être réglés en dollars avec une remise très avantageuse. Même pour la devise nationale, il y a parfois une queue d’une demi-heure aux distributeurs. Le tourisme des argentins à l’étranger n’est plus à la portée que des plus riches, même les achats ou opérations de carte bancaire à l’étranger sont taxées ! Lors de notre séjour, une rumeur enflait, provenant d’une loi visant à annuler tous les passeports en cours de validité : les argentins souhaitant quitter le sol national devront refaire une demande, et quelles vont être les nouvelles conditions d’admission ? Pour nous, ce frein à la liberté est inacceptable, mais finalement, seulement une minorité des habitants se mobilisent. Nous commençons juste à déchiffrer ce pays mais nous sentons une souffrance des argentins qu’ils camouflent sous le masque d’un franc sourire avec un “oui mais pourquoi aller ailleurs, il y a tout ici en Argentine !” ou bien sous le sceau de la fatalité “c’est comme ça !”

Bien que ce soit très personnel à notre famille (je rappele l’attaque de Bétina par trois chiens au Mexique qui comme conséquence a eu de terroriser nos TROIS enfants sur la gente canine) le fait que les chiens errants soient légion en Argentine, nous a un peu gâché le séjour. Les enfants ont toujours refusé d’aller seuls dans des parcs ou plages de peur de voir débarquer, deux, trois, voire plus de chiens qui leur tournaient autour sans cesse. On pourrait penser que les animaux, qu’ils aient un maître ou non, soient bien traités ce qui est faux malheureusement. Nous avons constaté que le chien est un peu le second jouet d’un enfant après une petite voiture ou une poupée. On peut acheter des chiots dans la rue, on les offre sans réellement se rendre compte de la portée du geste, ils sont traités comme des jouets (et donc pas forcément respectés par les plus petits) et que dire une fois que l’enfant en a assez (comme de tout jouet). Dans le meilleur des cas il reste à la maison un peu laissé à l’écart, dans le pire il est simplement abandonné ce qui ne fait que grossir les rangs de ces chiens de rues, qui pour vivre, éventrent les poubelles.

Enfin, si nous n’avions aucune connaissance sur les îles Malouines, après 6 mois de “matraquage” en Argentine nous savons, qu’ils sont toujours en conflit avec les britaniques (voir des panneaux immenses sur un port national, traiter les anglais de pirates, sans que cela ne choque personne est assez édifiant et éloquent sur la force de résistance des argentins). OUI les Malouines se trouvent au large des côtes argentines, OUI les britaniques s’y sont installés avant eux, et OUI les argentins veulent reprendre possession de ces îles qui pour eux leur appartiennent et NON les britaniques ne veulent pas céder. Bref… sur tout le territoire argentin, des panneaux rappelent à qui voudrait l’oublier que les Malouines, étaient, sont et resteront Argentines. Sans compter les entraînements militaires auxquels nous avons assisté à Rio Grande, qui font que les forces militaires sont sur le “qui-vive” et prêtes à repartir se battre contre l’Angleterre, comme en 1991. Quand on voit à quel point les chiliens et les argentins se sont toujours bataillé pour s’installer sur des terres reculées et hostiles, afin d’être premiers à les occuper (et exterminer les locaux accessoirement) je me dis que le côté “conquistador” a encore de beaux jours devant lui.

Alors nous qui aimons ces argentins, qui sont l’essence même de l’adjectif “accueillant”, buveurs de maté invétérés, souriants et optimistes, champions de l’asado et du dulce de leche, qui manient l’humour avec dextérité et 31ème degré, fêtards et parfois bruyants.

Mais qui ont aussi des horaires à géométrie variable et sont exaspérants quand il s’agit d’écologie et de respect du lieu sur lequel ils pique-niquent.

A eux tous, nous leur souhaitons réellement de trouver un équilibre. Et comme cela déborde largement de l’Argentine, on l’espère aussi pour la France, qui , bien que nous le voyions de loin, se débat avec les mêmes préoccupations…

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CHANGEMENT DE PROGRAMME

Nous étions sur la route des chutes d’Iguazu… et puis les enfants ont capoté… trop de route… trop de bivouacs bruyants et pas intéressants… c’était crises sur crises dans Bernardo (qui d’ailleurs lui aussi, tirait la tronche et nous montrait quelques signes de fatigue : c’est pas le moment à deux semaines de prendre le bâteau de tomber en panne car s’il ne roule pas, Bernardo n’embarque pas !) Finalement la question était “sommes-nous prêts à sacrifier nos derniers jours en Argentine et manger des heures de route par jour pour voir des chutes, aussi belles soient-elles ? “ La réponse est clairement NON !!! Nous sommes d’indécrotables lambineurs et nous avons toujours privilégié l’humain dans notre voyage alors on change nos plans et nous allons rendre visite à deux familles rencontrées lors de notre voyage, et qui habitent près de Buenos Aires. En avant : les DESREV continuent dans un voyage qui leur ressemble  !

Tout d’abord la famille de Sandra que nous avions rencontré sur l’île des gorfous sauteurs : Sandra et ses enfants Lucia, Cande y Joaquin nous ont ouvert leur porte et durant une journée, cela n’a été que fou rire, jeux et partage. Cande avait fêté quelques temps auparavant ses quince anos (15ans) et les accessoires et vêtements étaient encore là, et les enfants n’ont eu de cesse de tous les essayer, seulement entrecoupés dans leur tâche par les fou rire occasionnés. Nils pleurait le soir, en quittant cette famille si attachante…

Ensuite nous avons été rendre visite à Magui et Lucas que nous avions, eux, rencontrés au Parque Leoncito. Et là encore, qu’est-ce que nous avons bien fait ! Nous avons passé deux jours délicieux à leurs côtés : Lucas s’est fait un plaisir de nous faire un asado gargantuesque (genre il nous a fallu deux jours pour en venir à bout) et encore et toujours un partage et des discussions. Nous ferons trois nuits dans le quartier de Puerto Madero : à deux pas de jeux et d’une féria. A boire le maté avec les policiers lol : et oui ils nous ont demandé si l’on pouvait faire chauffer de l’eau et de fil en aiguille… voilà Samuel la bombilla à la bouche.

Dernier séjour dans la ville de Gualeguaychu (à vos souhaits) à quelques tours de roue de la frontière avec l’Uruguay. Au programme, chlorophyle à gogo, rangement de Bernardo, jeux dans un parque super agréable, coupe de cheveux, laverie, vidage du frigo. Uruguay, nous arrivons !

Nous avons quitté l’Argentine, non pas le coeur gros, car nos pas nous rapprochent de nos familles et amis, mais avec le sentiment que ce pays restera gravé pour ses paysages et la générosité indescriptible de ses habitants. Pues Argentina, hasta Luego, nos extrana ya….

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L’ enfance d’Ernesto GUEVARRA dit le CHE

C’est à Alta Gracia que nous avons été en apprendre un peu plus sur le “Ché”. Direction donc le musée se trouvant dans l’ancienne demeure dans laquelle il a passé sa petite enfance. Retour en arrière : Ernesto GUEVARRA a de l’asthme, qui se greffe au problème de bronches fragiles depuis sa naissance et va constituer un handicap qui conditionnera sa vie. Vers la fin de 1932, sa famille, suivant les conseils des médecins, s’installe à Alta Gracia, ville réputée pour son air pur et son climat sec et tonifiant. Ils y passeront 11 ans. Chez les Gueverra on recevait des enfants de n’importe classe sociale – la discrimination n’existait pas dans cette maison.

Malgré son asthme, le petit Ernesto va pratiquer l’exercice physique intense, ce qui va lui forger un tempérament discipliné et endurant. Sportif accompli, l’adolescent restera ce qu’il a toujours été, un lecteur passionné. En 1948, il s’inscrit à la faculté de médecine : une fois son diplôme en poche, il partit pour l’un de ses premiers voyages qui l’amèneront à se rendre dans le nord de l’Argentine et en Amérique du sud, où il constatera l’injustice ainsi que les grandes différences sociales. Après son périple, il se rendit au Mexique, où il rencontra Fidel Castrop et d’autres exilés. Le petit groupe embarqua pour Cuba sur un vieux bâteau bringuebalant, et lança la révolution qui allait renverser le dictateur Batista en 1959.

Bien qu’ayant acccepté la nationalité cubaine, il aura du mal à se contenter de postes administratifs, et tentera de nouveaux coups d’état dans d’autres pays. En 1965, sous le nom de Ramon Benitez, il restera 7 mois au Congo afin de renverser le pouvoir – mais le manque d’organisation et de discipline des combattants, les désertions massives, les disputes tribales et politiques internes entre les autorités révolutionnaires ont fait que l’expérience tourne court-. En 1966, le Che prend un nouveau départ : la Bolivie. En septembre 1967, la presse informe que l’armée a entrepris la poursuite du Che. Il sera capturé le 9 octobre 1967 et tombera sous les balles de l’officer qui l’interrogeait.

Forcément l’image qui se trouve dans l’inconscient collectif, est la fameuse photographie de Korda.

Mes chers enfants,

Si vous avez un jour à lire cette lettre, c’est que je ne serai plus parmi vous. Vous vous souviendrez à peine de moi et les plus petits n’auront rien à se rappeler. Votre père a été un homme qui a agi selon sa pensée, et donc, a été fidèle à ses engagements. Grandissez comme de bons révolutionnaires. Etudiez beaucoup pour pouvoir dominer la technique qui permet de dominer la nature. Rappelez-vous que le plus important c’est la révolution et que chacun de nous, tout seul, ne vaut rien. Surtout, soyez toujours prêts à sentir comme la votre, n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, dans n’importe quel endroit du monde. C’est la qualité la plus belle d’un révolutionnaire.

Papa.”

La visite nous a passionnée, et même si l’on ne peut cautionner la violence, nous pouvons admirer la volonté d’égalité et le combat de l’injustice. Bétina sera notre maître de visite : avec les traductions en français , elle nous fera naviguer entre les salles…. C’est bon, la relève est assurée lol. Tous les intervenants du musée ont été d’une gentillesse incroyable et nous ont même conseillé un bivouac au bord du Tajamar (lac artificiel réalisé par les jésuites au XVIIe siècle, permettant d’irriguer les plantations). Bien que cette ville n’apparaisse sur notre guide qu’à cause du musée, ce lieu nous a ravi. Nous avons rencontré des personnes toutes plus gentilles et aimables les unes que les autres et avons passé une journée reposante et ensoleillée dans un parque.

RIEN A VOIR, transcription pour le plaisir

Nath : ça commence à saouler que Merlin soit autant accro aux jeux sur l’ipad

Sam (en mode parental, voix posée et mine concentrée) : je suis d’accord avec toi, ça devient pénible.

Nath : Il ne parle plus que de ça, on va limiter de nouveau le temps par jour.

Sam : OK

Merlin surexcité : Papa ? Tu as fait ta sauvegarde de ta partie sur le jeu de vaisseaux ? Dis donc j’ai vu que t’avais réussi à acheter un Ghost, moi j’ai un  Dark Angel que j’ai réussi à sauver en rentrant à la station. Le tien il a combien de capacité cale marchandise et de forage ? Au fait j’ai trouvé le Rhino !

Sam (en mode enfant, le regard qui pétille et le sourire aux lèvres) : Punaise t’as trouvé le Rhino mais où ? j’en cherche depuis des jours !

Merlin : Attends, je retourne sur la planète et je te dis le nom : ça y est, c’est sur Vulp.

Sam : Super merci. Dis donc y’a les midorian sont de ton côté ? Moi les Téran ne me lâchent pas.

Merlin : Punaise, y’a des Voyd et des Téran qui m’attaquent je te laisse.

Petit regard en biais de Sam vers Nath (en quel mode,on sait plus trop) : Ben quoi ?…

Nath : non, non rien…

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MUSEO ROCSEN

Nous passerons dans les environs de San Luis, région qui nous enchantera. Des petits villages pittoresques et calmes, des rivières aux eaux cristallines, une nature préservée qui nous fait un bien fou.

Un petit arrêt à Nono (ça ne s’invente pas) pour visiter le museo Rocsen. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, si ce n’est à un joyeux fatras créé par un français, Juan Santiago Bouchon ! Dès que l’on arrive devant le bâtiment, la couleur est annoncée : des dizaines de statues commémorent des philosophes, des humanistes, des artistes, des scientifiques ainsi que des pacifistes de tous horizons. Comme l’exprime si bien son fondateur “Je refuse la moindre petite armée, aucun César, aucun Napoléon, aucun sang coulé : le moins d’ombre possible, mais le plus de lumière possible. Je veux seulement laisser à ma manière un message de paix. Je ne crois qu’en l’amour, la paix et la culture pour solutionner les problèmes entre les être humains”. Le ton est donné. Et elles se dressent face à nous, ces 49 statues entre autres Martin Luther King, Mère Theresa, Druide galois, Africanus, Pythagore, Confucius, Platon, Diogène, Jésus Christ, St François d’Assises, Gutenberg, Descartes, JS Bach, Edison, Marie Curie, Ghandi…

On entre, et même nos lutins qui parfois tirent du nez à l’idée de faire un “enième” musée, y trouvent leur compte. Des vitrines, des sujets aussi divers que variés, on se promène, on regarde ce que l’on veut. De la momie péruvienne, aux minéraux de toutes origines, des fossiles, des centaines de papillons, des urnes funéraires, des objets de la vie quotidienne (couverts, vêtements, bijoux, jouets) d’origine française ou d’Amérique du sud, des instruments de musique, et même un atelier de mécanique.

Je me posais la question de savoir comment venait un tel désir de collecter autant d’objets, du plus rare au plus usuel, quelle passion dans une vie ! Et c’est au détour d’une vitrine que nous trouverons la réponse, en faisant la connaissance de Monsieur Bouchon, 85 ans, qui vient saluer quasiment tous les visiteurs de son musée. Il parle de son oeuvre avec passion (comment ne pas l’être) et de son origine. Tout petit, il aimait collectionner, mettre ensemble des objets qui semblaient ne pas avoir de lien. Et ce qui a tout fait basculer, c’est sa découverte, à 8 ans, enfoui dans un amphithéatre de Nice d’un petit soldat de terre cuite, datant de l’Antiquité… Ce rêve de musée est né de cet instant et ne l’a pas quitté. Arrivé en 1950 en Argentine, il y a trouvé un terrain propice pour ses recherches sur l’arquéologie, l’anthropologie, la paléontologie, l’ethnologie (et je pense toutes les sciences en “logie”). Nous voyons le résultat : prises séparément ces collections apporteraient peu… mises bout à bout elles forment une vie, une vision d’ensemble de notre humanité.

Mais impossible de faire un inventaire  à la Prévert, il faut aller le voir.

Alors bien sûr, ce monsieur Bouchon est un “original” comme on les aime, mais nous avons pû échanger avec lui notamment sur ses opinions et je crois que la salle dont il est le plus “fier” est celle de la guerre de 39-40 durant laquelle il dû aller se battre. Les mots laissés au devant des armes à baïonnètes sont poignants et on ressent tout son combat pour la paix. On peut prendre ce musée au premier degré et se dire qu’il ne vaut pas “tripette” ou essayer de comprendre la passion d’une vie, et dans ce cas-là l’émotion est au rendez-vous.

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SANTIAGO DE CHILE

Soyons honnêtes, c’est parce que Samuel a insisté lourdement que j’ai accepté de traîner mes guêtres dans Santiago : depuis le temps, vous le savez, les enfants et moi (enfin surtout moi) nous ne sommes pas fans des grandes villes, et que dire des capitales… Mais bon, nous y sommes alors hop un petit saut de puce sur la plaza de armas de Santiago, une petite balade dans le vieux quartier, une relève de la garde, et c’est bien tout le monde est content ! (Et si j’avais des vélléités de visite d’un musée, nous sommes lundi et ils sont tous fermés, c’est les enfants qui étaient ravis…).

Nous reprenons la route pour l’Argentine, cette fois nous disons au revoir au Chili. Ce pays nous aura apporté beaucoup de joie et de découvertes, et même si les chiliens sont plutôt froids et distants nous avons beaucoup apprécié ce pays. Il nous restait à traverser la frontière par le tunnel du Christo Redentor : on savait que dans le sens Chili-Argentine il était fermé le jour (compte-tenu de travaux) et donc on ne se presse pas trop. Et ben non ! Depuis quelques jours, c’est l’inverse : il est 19h45 et l’accès au tunnel ferme dans 45mn. Misère on a encore des fruits et légumes crus, la montée de nuit dans les lacets est sport mais tant pis, on tente on y va ! Je l’avoue honteusement, je planque nos denrées un peu partout dans Bernardo, crotte…

On arrive à la frontière Argentine, Sam part devant avec les enfants et je le suis. Enfin je le suis… c’est ce que j’avais prévu… sauf qu’en descendant de Bernardo, je tente une figure de mon cru : le double piqué torsion de cheville, avec étirement du ligament et pliage en deux du pied. Ca ne fait que la troisième fois depuis le début du voyage : je sens que le susdit ligament a encore morflé et que dire de mes orteils (ah tiens ça c’est une nouveauté). Je ravale mes larmes et arrive clopint-clopant devant le premier douanier : Sam me demande comment j’ai ENCORE réussi à m’être fait mal (charmant…) je fais debout les papiers d’immigration et au bout de 3 feuillets, je prends d’office la chaise à l’extérieur de la guitoune, j’ai trop maaaaaaaaaaaaaaal. Le deuxième dounanier qui doit faire l’importation de véhicule prend pitié de moi et me dit d’aller dans Bernardo et cerise sur le gâteau, personne ne viendra vérifier notre maison roulante (c’était bien la peine de tout planquer). Finalement j’ai “bien fait” de me péter la cheville à cet endroit, nous passerons la nuit à 2m de la frontière, entourés de neige (qui heureusement est sur le bas-côté et plus sur la route depuis quelques jours). Sam part faire sa petite récolte de neige pour calmer ma douleur, et ma cheville et moi-même l’en remercions chaudement. Cette fois, pas la peine d’aller à l’hôpital, je sais à peu près ce que j’ai  sauf que, quelques jours plus tard, en voyant mon pied se couvrir d’une énorme barre bleue outremer du plus bel effet, je comprends donc pourquoi j’ai très mal aux orteils et que le port d’une chaussure est un supplice. Allez c’est pas grave, le voyage continue !

Le lendemain nous passons devant el puente del Inca. Les couleurs orange, vert, jaune sont dûes aux dépôts minéraux des eaux chaudes sulfureuses de la rivière (en contrebas, les ruines d’anciens bassins) : ces eaux ruisselant sur la pierre continuent de le sculpter.

PS : photo de la mistinguette devant ses premiers sushis en tête-à-tête avec son papa. Elle nous en parle encore… Les garçons eux, étaient consignés dans Bernardo (avec moi je vous rassure) ils avaient été d’une biiiiiiiipitude la vieille en balade, pas envie de réitérer…

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ILE DE PAQUES OU ILE DE FLAQUES…

Bernardo laissé aux bons soins des gardiens du parking de l’aéroport (et non sans appréhension de quitter notre fidèle compagnon) c’est au départ de Santiago que nous avons pris un vol pour la fameuse île mythique : l’Ile de Pâques ou plutôt Rapa Nui. Par ce voyage, nous voulions aller à la rencontre de ce peuple -les Pascuans- et découvrir leur culture et surtout les Moai ! Auparavant, il a fallu décevoir grandement Nils en lui confirmant que nous ne verrions pas le lapin de Pâques… ni d’oeufs… Dire que cette île porte ce nom car l’amiral hollandais Roggeveen foule son sol le jour de Pâques… c’est tout de suite moins exhaltant (s’il l’avait découverte le jour de Noël je ne dis pas).

Cette petite île (23 kms de long pour 12 kms de large) se trouve à 3 760 kms du Chili et 4 100 kms de Tahiti. Nous prenons donc un vol, sans avoir d’autre choix, avec la compagnie LAN chile (monopole quand tu nous tiens) à un prix exhorbitant (je répète monopole quand tu nous tiens) et nous espérons que la cabana que nous avons loué à Hanga Roa répondra à nos attentes. Dans la file d’embarquement, nous voyons arriver un jeune couple français qui dit nous connaître : la honte, nous n’avions pas reconnu Pauline et Sébastien que nous avions croisé à Ushuaia (aussi sous des trombes d’eau, ça va devenir récurrent cette histoire). Après leur séjour à Rapa Nui,eux filent pour Tahiti, hum je ne sais si je dois continuer à leur adresser la parole…

Les lutins passeront les 5 h de vol à se goinfrer de dessins animés, je crois que quand nous avons attéri, ils avaient les yeux carrés… En descendant de l’avion, premier choc, la température : me fiant à mon guide j’avais supputé (c’est chouette supputé non?) que nous allions avoir de la pluie et un peu froid. Pour la pluie, bingo !!!! 6 jours sur place, 4 jours d’averses, ça calme… (et c’est en voyant les tentes du camping local malmenées par les bourrasques et inondées par les pluies que l’on s’est dit que louer une maison n’avait pas été un luxe). Par contre il fait chaud et moite, ça tombe mal j’ai pas pris de shorts… les enfants m’en veulent déjà “Houuuuuuuhhh cette mère est nulle, remboursez !” Eh mais les enfants, j’ai pris les maillots de bain “Ouaiiiiiis elle est trop géniale cette mère, on va la garder !”comme quoi quelques centimètres carrés de tissus peuvent tout changer.  Miguel notre hôte, est là pour nous accueillir avec les fameux colliers de tiare, Bétina est folle de joie, elle en rêvait ! Et nous prenons nos quartiers dans la cabana : nous ne sommes pas déçus une seconde, elle est parfaite ; deux chambres, deux salles de bain (Merlin passera le séjour à prendre des douches matin et soir, comme quoi la pluie à l’extérieur ne lui suffisait pas…) un grand salon et une cuisine parfaitement équipée. Le séjour s’annonce très bien. L’après-midi sera temps de récupération pour tout le monde avec un sprint sous notre première déluge (ah ça peut être vert Rapa Nui !).

Dès le lendemain nous récupérons notre voiture de location et c’est parti pour une visite de l’ïle : ce sera quasi sous des trombes d’eau (oui je sais je l’ai déjà dit, mais ça ne sera pas la dernière fois, histoire de vous mettre dans l’ambiance) Mais entre deux averses nous faisons enfin connaissance avec nos premiers Moai : cri de joie dans la voiture ! Ces géants mesurent en moyenne 4m de haut et pèsent “à peine” 50 t.

Les plus anciennes de ces statues semblent avoir été taillées vers l’an 800. Il y en aurait près de 887, sans compter ceux qui sont sans doute encore enterrés. Ces moai sont principalement érigés en bord de mer, tournés vers l’intérieur et personnifieraient les ancêtres fondateurs de chaque clan : ils protégeaient leurs descendants et transmettaient le Mana (la force spirituelle).

Ils sont pratiquement tous sculptés dans de la roche volcanique provenant de la carrière de Rano Raraku. C’est ce volcan qui servit de carrière : sur chaque versant du volcan, 397 statues inachevées, abandonnées en cours de transport ou cassées. On peut y admirer, couché sur la paroi, la tête vers le haut, le “Géant” le plus grand moai jamais sculpté : il mesure 21,60m et pèse 200 t. Les outils utilisés étaient des pics et des haches polies de basalte. Deux techniques existaient : sculpture directement dans la masse ou bien à l’intérieur d’une grotte que l’on créait artificiellement. On commençait par sculpter la face (tournée vers le ciel) puis progressivement le dos, par dessous laissant ainsi au milieu un axe rocheux permettant la stabilité de la statue. Quand le moai était terminé, en équilibre sur son axe, les derniers coups faisaient sauter celui-ci. On comprend mieux le nombre de moai brisés sur place !

Mais voilà, une fois qu’ils étaient sculptés, il fallait les acheminer sur les lieux de culte et l’on pense que les moai, posés dans des radeaux, étaient glissés sur des rondins de bois. Une autre théorie propose un déplacement alors que le moai est déjà debout et on le fait pivoter millimètre par millimètre à l’aide de cordes. Moi je dis qu’ils devaient rudement s’ennuyer dans le coin, ou plus exactement que les Pascuans n’avaient pas la même notion de temps que nous. Une tradition orale rapporte que les moai se dirigeaient parfois à pieds vers leur ahu grâce au Mana…

Bref, une fois que vous aviez promené votre “petit” moai sur plusieurs kilomètres, vous étiez sur le Ahu (plate-forme cérémonielle) il fallait alors hisser ces géants de pierre (je rappelle 50 t en moyenne, une paille !) Et bien c’était la technique du caillou : à l’aide de cordes et de bras musculés on soulevait légèrement le moai et on plaçait des cailloux sur la partie qui avait quitté le sol. On fait une pause, et on recommence et ainsi de suite… jusqu’à ce que le moai soit droit comme un I… C’est seulement une fois que le moai était érigé sur le ahu que l’on plaçait dans ses orbites des yeux de corail pour représenter le “visage vivant” d’un ancêtre particulier : l’iris devait être constitué d’un disque plus petit d’obsidienne (ou éventuellement de scories rouges).

Oui mais et les petits chapeaux ? Effectivement certains moai portent encore le Pukuao : c’est une sorte de chapeau rond de pierre rouge. Les chefs portaient des cheveux long, teintés de rouge à l’aide de terre et ramassés en chignon, ce que symbolise le fameux Pukuao (pour info, leur poids moyen dépasse une dizaine de tonnes.)

Sur la plage d’Anakena, nous aurons une pensée pour une autre Anakena, petite blondinette aux yeux bleus qui porte si bien ce nom, et vit à Tahiti (Solange, on a tourné dans tous les sens, mais Tahiti ne rentrait définitivement pas dans notre budget, mais c’est promis ce sera pour une autre fois). Le Roi vaincu polynésien Hotu Matu’a, héros mythique partit à la recherche d’une terre d’accueil, comme c’était alors la tradition. Il débarque à Rapa Nui sur cette plage, avec son épouse et sa suite pour fonder la première dynastie de l’île. Chacun de ses six fils serait à l’origine des principales tribus (mata). Hotu Matu’a aurait auparavant envoyé en éclaireurs, sept fils de chefs, ultérieurement divinisés sous la forme des sept moai : ce sont d’ailleurs les seuls qui sont tournés vers la mer et les Marquises.

Comme le temps continue à être vraiment biiiiiip ce sera balade au mercado artesanial où Miguel nous montrera tout son art de sculpteur de moai. Son épouse Claudia n’aura de cesse d’offrir aux lutins des petits souvenirs, nous filons avant qu’elle ne nous donne toute sa production. Nous y retrouvons d’ailleurs Pauline et Sébastien et finirons la journée avec eux, autour d’une simili tartiflette faite maison, à papoter à loisirs (nous devons être en manque de gastronomie française et puis crotte il pleut, la tartiflette c’est de saison).

Demain est un autre jour, sauf pour la pluie… Pas grave, de nouveaux arrivants occupent la cabana d’en face. Dominik (allemand), Wenyu (chinoise), Yutga et Siga. Les enfants se sont bien trouvés et ont passé du bon temps ensemble (au choix nous pouvions converser avec Yutga en cantonais, allemand ou anglais… à cinq ans c’est pas mal non ?) Nous repartons affronter les éléments, et cette fois nos pas nous mèneront au bord du cratère de Rano Kau : la caldeira, large de 1 600m et parfaitement ronde se creuse sur 200m de profondeur. Au
fond, des dizaines de petits lacs couverts de totora (il est dit que tous les 7 ans certains s’ouvrent pendant que d’autres se ferment). Venus à des moments différents de la journée et donc d’ensoleillement, le fond nous offrira des couleurs changeantes de vert ou de bleu. Dans cet oasis insolite, règnerait un micro-climat : jusqu’en 1973, des familles descendaient pour y chercher de l’eau, laver son linge ou passer la journée tranquillement. Depuis, le site est protégé et l’accès est interdit mais la vue, avec cette ouverture sur l’océan reste magique !

Aux côtés de Dominik et Wenyu, nous passerons deux soirées délicieuses, et réussirons même le tour de force de faire cuire ce satané poisson au feu de bois (et pourtant vu l’humidité du bois c’était pas gagné d’avance). Délicieux !

Nous retournons sur différents sites et surtout sur la plage d’Anakena : et là miracle, le soleil est au rendez-vous ! Les enfants sont déchaînés et c’est la morsure du soleil qui, au bout de quelques heures, nous fera quitter ce lieu magnifique (un comble après 4 jours de pluie).  Les chevaux et les vaches paissent en liberté, les teintes de la végétation se marient avec ce bleu si incroyable de l’océan, les moai sous le soleil ardent ou entourés de brume nous hypnotisent, nous ne nous en lassons pas…

Alors qu’en est-il des premiers pascuans ? La théorie la plus acceptée évoque un peuple polynésien, venu sans doute des îles marquises il y a 1 500 ans environ, à bord de grands canöés à double coque. La tradition pascuane est essentiellement orale, à l’exception des tablettes rongo-rongo qui restent encore aujourd’hui un mystère et ne sont que partiellement décryptées : c’est la seule forme d’écriture connue de la zone océanienne, elle se présente sous la forme de lignes de signes (il en existe environ 120). Leur lecture est très particulière, à chaque ligne, il faut retourner de haut en bas la tablette de bois sur laquelle ils sont gravés (quand on peut faire simple c’est pas fun je sais…) Nous apprendrons par des locaux passionnés de leur histoire que cette écriture n’est apparue finalement que lors des différentes invasions : comment ne pas imaginer que les écritures soient les plus fortes quand des hommes débarquent sur votre île, brandissant un papier rempli de signes incompréhensibles, stipulant que les terres sur lesquelles vous viviez depuis des générations leur appartiennent désormais…

Comme la quasi totalité des indigènes d’Amérique du sud, les Pascuans ont été décimés. En 1722 c’est Roggeveen dont j’ai déjà parlé qui découvre officiellement l’île, avec les premiers échanges de coups de feu : les Pascuans eurent alors un avant-goût de ce que les futures rencontres allaient leur apporter. En 1770 le vice-roi du Pérou prend possession de l’île au nom de l’Espagne. La première moitié du XIX siècle sera marquée par différentes expéditions sur Rapa Nui afin essentiellement de piller et de capturer des esclaves. En 1863 Rapa Nui vivra une tragédie : six bateaux péruviens débarquent (je veux pas dire, mais le Pérou ne les a pas lâchés…) pour réduire en esclavage la plus grande partie de la population et l’emmener dans les mines de guano – un millier de personnes est capturé (ceux qui résistent seront tués, et quand on voit la topologie de l’île il n’y a aucune cachette, mis à part certaines caves qui étaient facilement démasquées). A l’époque, la France proteste ainsi que le Chili (ce dernier avec une petite idée derrière la tête…) Sous la pression, le Pérou se décide à délivrer les pascuans. Il est malheureusement trop tard : 80% des prisonniers sont morts. Une centaine de survivants rembarquent pour Rapa Nui mais pendant le voyage, la variole décime les passagers. Seuls 15 rescapés poseront le pied sur leur île ancestrale ! ils transmettent malgré eux des maladies et en 1864, sur les 5 000 habitants que comptait l’île avant le raid (autant appeler un chat un chat) il n’en reste plus que quelques centaines.

En 1868, profitant de la faiblesse et du dénuement de l’île, les archéologues du British Museum, après avoir sévi en Grèce, viennent se servir dans l’île et s’emparent des plus beaux moai.

Comme on ne s’était pas assez acharnés sur les pascuans, début XXeme, les terres furent louées à une compagnie britannique pour l’élevage de moutons. Les habitants sont rassemblés à Hanga Roa et le village entouré de barbelés : toute circulation est interdite après 18h, les pascuans sont littéralement prisonniers dans leur village, alors que quelques dizaines de moutons paissent en liberté sur toute l’île ! Le contrat de location prend fin en 1952. Sous prétexte de défense stratégique, les militaires chiliens renforcent leur emprise en prenant le contrôle de 90% du territoire (quand ils ont une idée derrière la tête, les chiliens ne l’abandonnent jamais). Ce n’est que vers 1960 que le régime se libéralise.

C’est seulement en 1966 que les pascuans acquièrent le droit de vote et obtiennent des papiers d’identité. Aujourd’hui c’est le tourisme qui est la première richesse de l’île et lui assure un niveau de vie supérieur à celui de la mère patrie. Les Pascuans humiliés, colonisés, ont enfin retrouvé la fierté de leur culture unique et de leur île si belle, si fascinante. En tant que touristes, on le sent nettement en croisant parfois des visages fermés et fiers, et à l’insistance à dire Iorana et non pas Buenos Dias.

Il nous faudra utiliser notre dernier jour pour rencontrer Soané, et faire exécuter pour Samuel et moi un souvenir à vie de cette belle île, et plus généralement de notre voyage… Je suis sure que vous avez deviné… Et pour te répondre, Sté,  sur la durée de notre séjour, nous ne nous sommes pas ennuyés une seconde : l’île est très riche culturellement, nous avons pris notre temps pour découvrir des sites à plusieurs reprises (surtout quand il fait moche, ça fait plaisir d’avoir une seconde chance) essayer des petits chemins de traverse (ok on l’avoue, l’un d’eux aura été plus fort que notre pauvre voiture) et vivre au rythme des pascuans. Quitte à venir découvrir leur île nous voulions le faire pleinement.

Nous étions arrivés quasi vierges de toute information sur Rapa Nui, nous en sommes repartis emplis de connaissances et théories, de paysages et de couleurs ennivrantes, mais surtout de ressentis incroyables. La force d’un moai est indescriptible, qu’il vous tourne le dos ou vous fasse face, c’est une montagne d’histoire qui vous observe, le regard droit et quasi indifférent. Cette aventure, nous ne l’avons pas seulement vécue à cinq, cette fois une 6ème personne était à nos côtés en esprit, Tatie Chounette, tu as réalisé ton rêve par procuration, tu nous a accompagné à chaque instant, cette escapade à Rapa Nui nous te la dédicaçons.

Enfin, Miguel et son épouse Claudia ont tout fait pour que notre séjour soit paradisiaque et ils ont pleinement réussi leur tâche.  Maururu !